J’AI OUVERT MON COURRIER

Samedi matin. J’ai devant moi 5 heures avant mon premier café de la journée. Celui que je vais prendre avec une amie. Parce que avant évidemment il aura mon café du matin, mon café du milieu de la matinée – je me suis encore réveillée très tôt après avoir oublié de couper mon réveil de la semaine – et celui d’après mon déjeuner. En comptant 15 minutes par café j’ai encore 4h15 devant moi a occuper.

Il n’y a rien à la télé, mon placard est rangé, ma machine est lancé, la vaisselle est en train de sécher et moi je suis là, coiffée, maquillée et habillée toute seule sur mon canapé à regarder les secondes s’écouler.

Je replace machinalement tous les objets sur ma table de nuit parallèle les uns avec les autres – oui je sais c’est un toc – et je me demande ce que je vais bien pouvoir faire.

Je laisse s’écouler encore une demi heure à regarder le vide avant de décider de faire toutes ces choses que je ne veux jamais faire : mes papiers administratifs.

Je traine des pieds jusqu’à mon tiroir à merde : c’est comme ça que j’appelle l’endroit dans lequel je range tous les courriers que je reçois et n’ouvre pas. En gros toutes les enveloppes sur lequel mon nom n’est pas écrit à la main. Et à l’ère des portables des lettres manuscrites ce n’est pas franchement ce que je reçois le plus.

Je me saisi du paquet de lettre et les ouvre toutes.

EDF, les impôts, ma banque, mon propriétaire, les taxes foncières, les taxes d’habitation, les relances pour facture impayés. Autant de papiers pour lesquels je vais devoir raquer. 50€ par ci, 100 par là. Je collapse rien qu’en calculant mentalement le montant final qu’il va me falloir cracher. Environs la moitié de mon salaire. Sachant que l’autre moitié est déjà partie dans mon forfait et dans cette blouse que je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter.

Je suis un instant tenté de tout mettre à la poubelle en me disant que je paierai à la prochaine relance mais dans un sursaut de maturité je me retiens.

Je sors – toujours de mon tiroir à merde – un tas de rib un peu usé. Je les découpe en suivant bien les pointillé et je les joints à chaque courrier que je glisse dans les enveloppe qu’ils ont eu la gentillesse de me fournir à cet effet. Finalement je dois reconnaître que ce n’est pas si compliqué.

Je savoure le sentiment de devoir accompli en sirotant mon café – celui du milieu de la matinée – avant de descendre poster toutes ces lettres avant qu’elles ne moisissent comme tant d’autres au fond de mon sac à main.

Il est 10H30. Je suis à jour administrativement en j’ai encore tout mon temps. Je suis à deux doigts de me décider à classer mes fiches de paie par ordre chronologique quand il me prend une soudaine envie de ne plus rien faire jusqu’à ce que les heures passent. Sauvée : j’étais à « ça » de devenir sérieuse !

Saturday morning. I´ve got about 5 hours to go before my first coffee of the day. The one I´m gonna meet up with a friend for. Because before, obviously, there will be my morning coffee, my mid-morning coffee – I woke up very early because I forgot to turn off my work alarm, AGAIN – and the one after lunch. Let´s say each one of those takes up about 15 minutes of my time; I still have 4 hours and 15 minutes of not knowing what to do.
There´s nothing on TV, my closet is organized, my clothes are washing, and the dishes are drying and me, well… I´m here, all made up and ready, alone, on my couch, staring at the clock.
Without thinking, I rearrange all the things on my bedside table so that they´re parallel to each other – yes, I know, I´m OCD – while thinking about what on earth I could do to keep busy.
I let time pass by for another 30 minutes, staring at nothing until I decide to do all those things I never wanna do: paperwork.
I drag myself to my ¨bullshit drawer¨: that´s what I call the place in which I put all the letters I get and that I don´t open. Basically, all the envelopes on which my name isn´t written by hand. And nowadays, with smart phones taking over, handwritten letters are not really what I get the most of.

I grab the pile of letters and open every single one of them.
EDF, taxes, my bank, my landlord, property taxes, reminders of unpaid bills. And I´m expected to cough up all of them. 50 euros here, 100 there. I collapse just by mentally calculating the final amount I´ll have to pay. About half my paycheck. And the other half is already gone: my phone bill and this gorgeous jacket I couldn´t resist buying.
For a second, I´m tempted to throw it all away, telling myself I will pay the next time they remind me to but, in a moment of clarity (and maturity), I stop myself from doing so. I take – still out of my bullshit drawer – a bunch of slightly used voided checks which I carefully cut, and put one in each provided envelope. I do have to say, it wasn´t as hard as I thought.
I enjoy a certain sense of accomplishment while sipping my coffee – the mid-morning one – before going downstairs to post all this mail before they start gathering dust in my purse like so many others…
It´s 10h30. I am up-to-date administratively and I still have a lot of time to waste. I´m on the brink of classifying my pay stubs in alphabetical order when a sudden desire to do nothing takes over me. Pfuuu: I was ¨this close¨ to becoming responsible!

– Veste Sandro II Pull Ganni II Jean Farleigh II Chaussures Zara II Sac Sandro II Boucles d’oreilles Mango –

Traduction : Lily’s Words

 

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2 Comments

  • Reply Aude

    Ahaha taxe foncière, déja?

    (c’est quand tu es propirétaire…)

    lol

    xoxo

    5 octobre 2017 at 3:39
    • Reply Au petit Imprevu

      Le terme exact est « cotisation foncière des entreprises » oui Madame j’ai des taxes de grande 😉

      6 octobre 2017 at 9:59

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