Il y a quelques jours – le 3 mai – a eu lieu le défilé croisière de chez Chanel. Chacun le sait, les défilés croisières se déroulent toujours dans des lieux paradisiaques censés faire rêver les quelques happy few conviés à l’évènement. Cette année, le King a donc décidé de convier le gratin de la mode à Cuba. Et comment dire… cela me laisse un peu dubitative !

Pas la collection en elle-même, qui est au contraire une réussite totale, mais l’évènement. Car comment ne pas être légèrement dérangée par cet étalage de luxe sur l’avenue du Prado, à la Havane, habituellement fréquentés par les locaux qui ont dut se réfugier à l’ombre de d’autres arbres, l’endroit ayant été privatisé pour l’occasion. Je me rappelle y avoir passé de longs moments l’an dernier et je peux vous assurer que je n’y ai croisé ni Vanessa Paradis ni Gisele Bunchen !

Et tout ce luxe occidental au milieu d’une ville où les habitants ne gagnent en moyenne pas plus de 30€ par mois n’est-ce pas un peu décalé ?

Il faut le rappeler, à Cuba la publicité et les marques n’existent pas et le wifi est quasiment inexistant si ce n’est dans les hôtels de luxe. Alors organisé là-bas un défilé qui sera vu par toute la planète alors que les cubains n’ont même pas accès aux informations du monde c’est un drôle de contraste…

Tout cela se justifie apparemment par l’inspiration du défilé : l’imprimé star représente les fameux cabriolets 1950 qui servent aujourd’hui de taxis partout sur l’île, il y a des vestes militaires et des bérets qui rappellent la célèbre silhouette du Ché, des tee-shirts « Coco Libre » sur lesquels on serait tentés de lire « Cuba Libre » et des robes en crochet inspirées de celles que l’on trouve dans les boutiques cubaines. Evidemment, un tel défilé aurait fait tâche partout ailleurs…

Mais il faut le rappeler : Cuba ce n’est pas que les mojitos, les plages de sable fin et le folklore : c’est avant tout un pays où les habitants subissent encore le rationnement de certains produits, ou le seuil de pauvreté est particulièrement élevé, ou la liberté est une utopie.

Sur internet on peut d’ailleurs voir que les avis sont mitigés concernant l’évènement, la seule chose qui est sûr c’est que celui-ci n’est pas passé inaperçu ! Et malgré le cadre qui prête au débat, réjouissons-nous pour les cubains qui l’espace d’un instant ont goûté au rêve de la mode à la française !

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A few days ago – on May 3rd – it was the Chanel Cruise show. Everyone knows it, cruise’s collection are always organized in paradisiac places to make  the few guests invited to the event dream. This year, The King decided to invite the « gratin » to Cuba. And I’m not sure what we should think about that !

Not because of the collection itself, which is on the contrary a total success, but because of the show location. How not to be slightly disturbed by this display of luxury on the avenue of Prado, in Havana, the place which has been privatized for the occasion. I remember to have spent long moments there last year and I can ensure you that I met neither Vanessa Paradis nor Gisele Bunchen there !

And what about all this luxury in the middle of a city where the inhabitants earn on average no more than 30€ per month : isn’t a little bit disturbing ?

It should be recalled, in Cuba, advertisment and brands don’t exist and the wifi is almost non-existent if it is not in the luxury hotels. Then, organize there a show which would be seen by all the planet whereas the Cubans don’t even have access to information of the world is a strange contrast.

All that is justified apparently by the inspiration of the show : the print on dresses and tops represent the famous 1950′ cars which are used today as taxis everywhere on the island, there are military jackets and berets which point out the silhouette of the Ché, the t-shirt “Coco Libre” on which we would be tempted to read “Cuba Libre”, the dresses in hook inspired by those that we could find in cuban shops. Obviously, all those things would have seemed weird somewhere else.

But it should be pointed out : Cuba isnt’ only mojitos, sandy beaches and folklores : first, it’s a whole country where the inhabitants still have rationing cards for certain products, where the poverty line is particularly high, and  real freedom doesn’t exist.

Besides on the Internet we can see that the opinions are mitigated concerning the event, the only thing which is sure is that this one doesn’t go unnoticed! And in spite of the context which stimulates discussion, we hope for that the Cubans enjoyed for a moment a part of french fashion dream.

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